Budget 2027 : abattement fiscal raboté et revalorisation sous conditions, ce que les retraités doivent anticiper

Le budget 2027 prévoit, en l’état des textes au 6 novembre 2026, de réserver la pleine revalorisation de janvier aux retraités dont les pensions totales ne dépassent pas 1 260 € par mois, et de ramener le plafond de l’abattement fiscal de 10 % à 3 000 € : deux mesures encore en pleine navette parlementaire, donc rien n’est définitif.

En bref
  • Le PLFSS 2027 prévoirait une revalorisation des pensions selon le montant total perçu.
  • Le plafond de l’abattement fiscal passerait de 4 439 € à 3 000 € par foyer fiscal.
  • La majoration de 10 % pour trois enfants ou plus serait remplacée pour certaines nouvelles pensions.
  • Le Sénat doit examiner les textes en novembre et décembre 2026.

Qui bénéficierait encore de la pleine revalorisation en 2027 ? #

Le PLFSS 2027, déposé le 1er octobre 2026, prévoit une « dérogation exceptionnelle » aux règles habituelles de revalorisation des pensions. En temps normal, les retraites de base sont indexées sur l’inflation chaque 1er janvier. Pour janvier 2027, la hausse légale serait estimée autour de 1,7 %, sous réserve de l’inflation constatée à la fin de 2026.

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L’article 35 changerait la méthode. La pleine revalorisation serait réservée aux retraités dont le total des pensions, retraites de base et complémentaires des régimes obligatoires comprises, ne dépasserait pas 1 260 € par mois. Ce montant ne correspond donc pas uniquement à la retraite versée par la caisse de base.

Au-dessus de 1 260 €, le texte prévoirait un système par paliers. Les seuils indiqués seraient fixés à 1 265 €, 1 270 €, 1 275 € et 1 281 €. Le taux de revalorisation serait alors réduit selon des coefficients fixés par décret. Le montant ne pourrait pas baisser en valeur nominale.

Le texte prévoirait aussi une série de seuils supérieurs : 2 000 €, 2 007 €, 2 014 €, 2 021 €, 2 028 € et 2 034 €. Le gouvernement aurait évoqué un gel au-dessus de 2 000 € de pensions mensuelles. Un décret pourrait toutefois relever les taux pendant l’année 2027, avec un effet rétroactif au 1er janvier.

Le seuil de 1 281 € correspondrait, selon l’exposé des motifs, au niveau de pension garanti pour une carrière complète. L’économie attendue par le gouvernement atteindrait environ 4 milliards d’euros en 2027. À ce stade, il s’agit encore d’un projet rejeté par l’Assemblée nationale et examiné par le Sénat.

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Pourquoi le plafond de l’abattement fiscal fait-il débat ? #

L’article 3 du PLF 2027 prévoirait de ramener le plafond de l’abattement fiscal de 10 % sur les pensions et retraites de 4 439 € à 3 000 € par foyer fiscal. Le principe de l’abattement ne serait pas supprimé. Seule la limite maximale diminuerait.

Concrètement, un foyer fiscal dont l’abattement calculé dépasserait 3 000 € verrait sa déduction plafonnée à ce montant. L’impôt pourrait alors augmenter, mais la mesure ne retirerait pas directement une somme de la pension versée chaque mois. Elle réduirait une charge déductible lors du calcul de l’impôt sur le revenu.

Les pensions alimentaires et les pensions d’invalidité ne seraient pas concernées par cette limitation. Le rendement attendu par le gouvernement serait d’environ 1,2 milliard d’euros.

Le parcours parlementaire a été mouvementé. La commission des finances de l’Assemblée nationale avait supprimé l’article le 7 octobre, puis les députés avaient confirmé cette suppression en séance le 15 octobre, par 116 voix contre 30. Mais l’Assemblée a rejeté l’ensemble de la première partie du PLF le 4 novembre, par 458 voix contre 0. Tous les amendements adoptés par les députés sont donc tombés.

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Le Sénat examinera la version initiale du gouvernement à partir du 20 novembre. Le plafond à 3 000 € y figure toujours. Le vote solennel serait prévu le 9 décembre, avant une éventuelle commission mixte paritaire.

La majoration pour trois enfants serait-elle modifiée ? #

L’article 34 du PLFSS prévoirait de remplacer la majoration de pension de 10 % accordée aux parents de trois enfants ou plus par un montant forfaitaire. Ce montant ne serait pas encore chiffré dans le texte et devrait être fixé plus tard par décret.

La modification concernerait les pensions prenant effet à compter du 1er juillet 2027. Les pensions déjà liquidées avant cette date conserveraient la majoration de 10 % actuelle. Le dispositif pourrait donc créer une différence entre les retraités déjà partis et ceux dont la pension prendrait effet après la date prévue.

Le PLFSS a été rejeté par la commission des affaires sociales de l’Assemblée le 16 octobre, puis en séance publique le 23 octobre. Le rejet de la partie recettes a entraîné celui de l’ensemble du texte. La commission des affaires sociales du Sénat l’a examiné le 4 novembre. La séance publique doit commencer le 9 novembre, avec un vote solennel prévu le 18 novembre.

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Que cela changerait-il pour un indépendant ou un retraité Madelin ? #

Les indépendants relèvent, pour leur retraite de base, du régime général, via la Sécurité sociale des indépendants. Ils seraient donc concernés par l’article 35 dans les mêmes conditions que les anciens salariés. Le seuil de 1 260 € s’apprécierait sur le total des pensions obligatoires, et non sur la seule retraite de base.

Les rentes issues des contrats de retraite Madelin et des PER sont imposées dans la catégorie des pensions et retraites. Elles bénéficient donc du même abattement de 10 %. Si le plafond était abaissé à 3 000 €, ces rentes pourraient aussi entrer dans le calcul de l’abattement plafonné.

Il faut garder les deux sujets séparés. La revalorisation concerne le niveau de pension et son indexation. Le plafond fiscal touche le revenu imposable. Une pension revalorisée ne signifierait donc pas automatiquement un revenu net supérieur après impôt.

Quel est le calendrier parlementaire de novembre et décembre ? #

Mesure Qui serait touché État du texte au 6 novembre 2026
Revalorisation par paliers Retraités dont le total des pensions dépasserait 1 260 € par mois PLFSS rejeté par l’Assemblée le 23 octobre ; examen au Sénat à partir du 9 novembre
Plafond de l’abattement Foyers dont l’abattement de 10 % dépasserait 3 000 € sur les pensions et retraites Article 3 supprimé par les députés, puis tombé avec le rejet du PLF ; version initiale examinée au Sénat à partir du 20 novembre
Majoration trois enfants Nouvelles pensions prenant effet à compter du 1er juillet 2027 Article 34 du PLFSS ; texte rejeté par l’Assemblée, puis examiné par le Sénat à partir du 9 novembre

Le calendrier reste chargé. Pour le PLFSS, le vote solennel au Sénat serait prévu le 18 novembre. Pour le PLF, le vote solennel serait prévu le 9 décembre, avant une commission mixte paritaire. Le texte pourrait encore changer pendant ces étapes.

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Pour comprendre d’où vient ce débat, notre article sur la désindexation des retraites envisagée pour 2027 expliquait déjà cet été la différence entre indexation, sous-indexation et gel des pensions.

Le détail des mesures du budget 2027 pour les retraités aide aussi à replacer les annonces dans leur contexte. Pour le PLF, le rejet du projet de loi de finances en première lecture confirme que la version examinée par les députés n’est pas celle qui repart au Sénat.

Questions fréquentes #

Le seuil de 1 260 € est-il définitivement adopté ?

Non. Il figure dans l’article 35 du PLFSS 2027, mais le texte a été rejeté par l’Assemblée nationale. Le Sénat doit encore l’examiner à partir du 9 novembre 2026.

L’abattement fiscal de 10 % serait-il supprimé ?

Non. Le projet prévoit seulement d’abaisser son plafond de 4 439 € à 3 000 € par foyer fiscal. Les pensions alimentaires et les pensions d’invalidité ne seraient pas concernées par cette limitation.

Les retraités Madelin seraient-ils concernés ?

Les rentes issues des contrats Madelin et des PER sont imposées dans la catégorie des pensions et retraites. Elles bénéficient du même abattement de 10 % et pourraient donc être concernées par un plafond ramené à 3 000 €.

À retenir #

Au 6 novembre 2026, rien n’est arrêté. La revalorisation par paliers, le plafond fiscal de 3 000 € et la nouvelle règle sur la majoration pour trois enfants restent des projets en navette parlementaire. Les versions initiales du gouvernement repartent au Sénat, et les chiffres définitifs ne seront connus qu’après l’adoption des textes, attendue en fin d’année. D’ici là, chaque seuil et chaque taux cités ici peuvent encore bouger.

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